La gestion de portefeuille est une discipline essentielle en finance qui fait appel à la recherche de rendement, sans toutefois s’exposer à un niveau de risque trop élevé. Deux concepts fondamentaux représentent ainsi des pistes à creuser : la diversification et la frontière efficiente.
La diversification : un principe clé de la gestion de portefeuille
La diversification consiste à répartir les investissements entre différentes classes d’actifs. Il en existe trois principales catégories : les actions, les obligations et les instruments du marché monétaire. À chaque classe d’actifs ses dérivés, lesquels sont aujourd'hui légion sur un marché de plus en plus évolué et en perpétuelle mutation.
La diversification ne concerne pas seulement la typologie d’actifs, mais aussi les secteurs d’activité et les zones géographiques.
En somme, les avantages de la diversification incluent la réduction du risque, l’amélioration du rapport rendement-risque et la protection contre la volatilité. Néanmoins, ne jamais se baser sur une diversification excessive qui pourrait diluer les gains et entraîner des coûts de gestion élevés, ce qui nous amène à la frontière efficiente.
La frontière efficiente selon le concept de Harry Markowitz
Concept introduit par Harry Markowitz dans la théorie moderne des investissements, la frontière efficiente représente l’ensemble des portefeuilles générant le meilleur rendement possible pour un niveau de risque donné. Selon cette théorie, un investisseur rationnel visera un portefeuille situé sur cette frontière pour maximiser ses gains et maîtriser les risques. En apprendre davantage sur euodia. fr.
Pour construire un portefeuille efficient, il est essentiel de respecter les approches suivantes :
- déterminer les rendements et volatilités attendus de chaque actif
- calculer la corrélation entre les actifs, afin d’évaluer leur impact sur le risque global
- optimiser la pondération des actifs pour obtenir le meilleur couple rendement/risque.
Le ratio de Sharpe est souvent utilisé pour comparer les portefeuilles en termes d’efficience. Il mesure l’excès de rendement par rapport au taux sans risque, ajusté à la volatilité du portefeuille.
Les stratégies pratiques pour une gestion de portefeuille efficace
- Allouer les actifs stratégiquement : il est question de déterminer la répartition adéquate entre classes d’actifs en fonction de l’horizon d’investissement et du profil de risque. Si l’horizon est court et la tolérance aux risques faible, songez à augmenter les liquidités. Pour un horizon de placement moyen terme et un niveau d’acceptation modéré des risques, la stratégie consiste à équilibrer le portefeuille en misant sur des actifs permettant la croissance du capital sur le moyen terme. En revanche, il vaut mieux opter pour une approche destinée à optimiser les rendements grâce à des actifs de croissance sur la durée pour un horizon long.
- Rééquilibrer périodiquement : cette approche concerne l’ajustement de la composition du portefeuille pour maintenir une diversification optimale. La situation financière évolue, les objectifs également, tandis que les marchés subissent des variations au fil des cycles et des facteurs macroéconomiques de même que géopolitiques.
- Suivre l’évolution des marchés : cela implique d’adapter la stratégie aux conditions économiques et aux nouvelles opportunités d’investissement. L'analyse des cycles économiques, des politiques monétaires et des innovations technologiques permet d'identifier les opportunités émergentes et de se prémunir contre les risques. De plus, une veille constante sur les nouvelles réglementations et les avancées dans les marchés financiers contribue à ajuster les allocations d’actifs de manière proactive.
- Utiliser des instruments de gestion des risques : citons par exemple les produits dérivés (swaps, options, contrats à terme), les stratégies de couverture (hedging), les obligations et les instruments à revenus fixes, les produits structurés, les fonds de couverture (hedge funds), les ETF inverses et les ETF à levier ou encore les stratégies d'allocation d’actifs tactiques.
Quid des risques pour un portefeuille diversifié ?
Les risques spécifiques aux entreprises peuvent être atténués, voire gommés, certes, mais pas ceux liés aux marchés : variation des taux d’intérêt, inflation, perturbations géopolitiques, crises économiques. Cela s’appelle le risque systématique, car insensible à la diversification.